Graphique parodique reliant à tort les ventes de bio aux diagnostics d’autisme
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Corrélation absurde : non, le bio ne cause pas l’autisme (et les vaccins non plus)

Prenez deux courbes qui montent. Ajoutez un joli graphique. Donnez un nom pseudo-scientifique au fichier. Ajoutez un coefficient de corrélation pour faire sérieux.
Et voilà : vous venez de prouver que les ventes de bio causent l’autisme.
Ou que les vaccins causent l’autisme. Ou que la 5G rend stérile les cigognes.
On peut faire dire ce qu’on veut à des chiffres.
Surtout quand on ne comprend pas ce qu’ils disent.

🔄 Mise à jour – septembre 2025
Le 23 septembre 2025, Donald Trump a franchi un nouveau cap dans l’absurde : après les vaccins, il accuse désormais le paracétamol de provoquer l’autisme.
→ Mon debunk complet est à lire ici : Trump, Doliprane et autisme : la connerie en comprimés.

L’image du jour : une parodie devenue outil pédagogique

Le graphique ci-dessous est une parodie, traduite par le site “Complots Faciles”, qui superpose :

  • d’un côté, les ventes d’aliments bio aux États-Unis
  • de l’autre, le nombre d’enfants diagnostiqués autistes

Résultat ? Une courbe presque identique, r = 0,9971, pour faire bien.
Une corrélation quasi parfaite.
Et pourtant, aucun lien causal.

Corrélation ≠ causalité : la base

Ce genre d’exemple illustre une erreur logique classique : croire que si deux choses évoluent ensemble, l’une est forcément la cause de l’autre.

Mais ce n’est pas parce que deux courbes se ressemblent qu’elles sont liées.
Elles peuvent :

  • toutes deux dépendre d’un facteur externe (ici : croissance économique, progrès médicaux, etc.)
  • être purement indépendantes, leur similitude n’étant qu’un hasard statistique

Exemples célèbres :

  • Plus il y a de films avec Nicolas Cage, plus il y a de noyades
  • Plus on mange de fromage, plus il y a de morts par draps
  • Plus on vend de miel, plus les pandas font des galipettes (ok, j’invente, mais avoue que tu y as cru)

Et les vaccins dans tout ça ?

Revenons aux discours antivax.
Ils utilisent exactement la même logique foireuse :

“Depuis qu’on vaccine, il y a plus d’enfants autistes. Donc, les vaccins causent l’autisme.”

Ce raisonnement est faux à tous les niveaux :

  • Il confond corrélation temporelle et lien causal
  • Il ignore tous les biais méthodologiques
  • Il s’appuie sur une étude frauduleuse (Wakefield, 1998) retirée depuis

Mais surtout, il fait fi des connaissances récentes :

  • Les diagnostics d’autisme ont augmenté car les critères ont évolué, la reconnaissance s’est élargie
  • L’autisme est mieux détecté, pas plus fréquent
  • Et aucun mécanisme biologique ne permet de relier un vaccin à un trouble du neurodéveloppement

Ironie de l’histoire ?

Les professions scientifiques (chercheurs, ingénieurs, statisticiens) comptent une forte proportion de profils autistes.
Donc si on suit la logique antivax :

C’est plutôt l’autisme qui cause les vaccins, pas l’inverse.

Parce que sans autistes, il n’y aurait probablement pas autant de sciencepas autant de rigueur, et pas autant de protection collective.

Ce qu’il faut retenir

  • Ce n’est pas parce que deux choses montent ensemble qu’elles sont liées
  • Un graphique joli n’est pas une preuve
  • La pensée critique est notre seule défense contre la débilité algorithmique
  • Et les autistes ne sont pas une conséquence de la modernité : ils en sont une force cachée

À méditer (ou à encadrer dans un service marketing)

“Les statistiques, c’est comme un bikini : ce qu’elles révèlent est suggestif, mais ce qu’elles cachent est essentiel.”

Aaron Levenstein

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