Appel à la grève générale
On en chie.
Depuis des années, on nous demande de travailler davantage, plus longtemps, pour gagner moins. On repousse l’âge de la retraite, on rabote les allocations, on durcit l’accès à l’assurance chômage, on réduit les APL, on traque les pauvres jusque dans leurs quelques euros d’aide sociale. Dans le même temps, les plus riches continuent d’accumuler et les entreprises les plus puissantes bénéficient d’un soutien public dont les milliards se comptent avec une facilité obscène.
On nous explique qu’il n’y a pas d’argent.
En réalité, il n’est pas pour le peuple.
Il est pour ceux qui possèdent déjà. Pour les patrimoines les plus élevés, pour les revenus du capital, pour les entreprises auxquelles l’État multiplie les dispositifs de soutien, les exonérations et les allègements.
Et lorsqu’il faut trouver quelques milliards, l’État sait parfaitement où regarder : les retraites, l’assurance chômage, les prestations sociales, les services publics.
Indécent !
Le problème n’est donc pas l’absence d’argent. C’est sa destination.
Et quand nous protestons, l’État répond de plus en plus souvent par la police, les interdictions, les contrôles, les gardes à vue et l’usage de la force.
Les Gilets jaunes en ont payé le prix. Les manifestants contre les retraites l’ont encore constaté. Des rapports du Défenseur des droits, du Conseil de l’Europe et d’organisations internationales ont documenté, chacun à leur niveau, les dérives et les blessures.
Mais maintenant, on s’en prend à nos enfants.
Des lycéens sont arrêtés. près de 2 000 personnes placées en garde à vue (chiffre du ministère de l’Intérieur au 2 octobre), dont 90 % de mineurs selon le ministre de la Justice, tandis que le nombre total d’interpellations dépassait 5 000.
Là, pour moi, quelque chose casse.
Parce qu’une société qui explique à ses enfants qu’ils doivent accepter la précarité, la dégradation des services publics, l’angoisse climatique et l’absence de perspective, puis qui leur envoie les forces de l’ordre lorsqu’ils protestent, ne peut plus sérieusement prétendre leur apprendre la démocratie.
Alors je vais poser une question.
Pas celle de savoir quelle réforme le prochain gouvernement pourra encore faire passer.
Pas celle de savoir combien de milliards on pourra encore retirer aux mêmes.
Mais celle-ci : que se passe-t-il lorsqu’une société cesse collectivement d’accepter les règles qu’on lui impose ?
C’est la question de la grève générale.
Et derrière elle, celle de la Constituante.
Et derrière elles, celle de la révolution.
Note liminaire
Il y a quelque chose de profondément étrange dans l’époque que nous vivons.
Nous déplaçons les limites de ce que nous considérons comme normal, tout en prétendant que rien n’a changé.
Trump, Milei, Le Pen. L’extrême droite n’a pas besoin de gouverner partout pour déplacer la frontière de l’acceptable. En France, la prétendue ‘dédiabolisation’, la tentative de banaliser le versant brun du RN a surtout changé la devanture. Les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, récemment documentés par Mediapart, rappellent brutalement que la dissimulation n’est pas la disparition.
Et lorsque Marine Le Pen explique qu’elle ne se pardonnera jamais d’avoir exclu son père, il devient difficile de prétendre que seules les apparences auraient changé.
À force d’entendre l’inacceptable, on finit par ne plus l’entendre.
Les mots participent à ce déplacement.
‘Les limites de mon langage signifient les limites de mon monde’.
L. Wittgenstein
Orwell montrera comment le langage politique peut, lui aussi, servir à brouiller la réalité.
‘Réforme’ peut finir par signifier régression. ‘Ordre’, répression. ‘Opinion’, parfois, parole pénalement répréhensible.
Et soudain, Dominique de Villepin devient une ‘gauchiasse’.
Il ne l’est pas. Il est toujours un homme de droite.
Villepin n’est pas devenu de gauche. C’est notre point de référence qui s’est déplacé.
Nous changeons les coordonnées. Puis nous oublions qu’elles ont changé.
C’est de cela qu’il faut partir. Parce que pendant que nous nous disputons sur les mots, les rapports de force, eux, continuent de bouger.
I. Nous n’avons jamais été aussi nombreux à avoir une raison de nous mettre en colère
Commençons par ce qui ne relève ni de l’humeur, ni de l’idéologie, ni de mon goût personnel pour les mauvaises nouvelles.
Les chiffres.
En 2024, 9,8 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine se trouvaient sous le seuil de pauvreté monétaire. 15,4 putain de % de la population !
Le taux est stable par rapport à 2023, mais il reste à son plus haut niveau depuis le début de la série statistique, en 1996.
En 2024, le seuil était de 1 337 euros par mois pour une personne seule. (Insee)
Et ce n’est pas seulement la pauvreté.
Derrière elle, il y a une autre réalité, moins visible mais tout aussi structurante : celle des inégalités.
Les chiffres sont suffisamment brutaux pour se passer de commentaire.
📌 Trois chiffres qui devraient tous nous pousser à manifester
Les inégalités de niveau de vie ont atteint en 2024 leur niveau le plus élevé depuis le début des séries comparables.L’indice de Gini est monté à 0,302. Les 20 % les plus aisés perçoivent 38,8 % de la masse des niveaux de vie, contre 8,4 % pour les 20 % les plus modestes. (Insee)
Le patrimoine raconte une histoire encore plus brutale.
Début 2024, 41 % des ménages en France hors Mayotte avaient déjà hérité de biens ou d’argent au moins une fois au cours de leur vie. Leur patrimoine brut moyen atteignait 515 400 euros, soit environ 37 % de plus que celui de l’ensemble des ménages, à 374 900 euros.
Pour les ménages ayant reçu une donation, le patrimoine brut moyen montait à 698 300 euros, soit environ 86 % de plus. (Insee)
Le chiffre dit autre chose : le patrimoine se transmet.
Et le patrimoine transmis contribue puissamment à reproduire les écarts de départ.
La naissance n’est pas encore une feuille de paie.
Mais elle peut déjà être un capital.
Et lorsque l’on demande ensuite à chacun de courir dans la même course, avec des lignes de départ différentes, il faut avoir une certaine audace pour appeler cela l’égalité des chances.
Il y a ensuite les mécanismes de redistribution, de protection sociale et de soutien à l’économie.
Le rapport de la commission d’enquête du Sénat estime à 211 milliards d’euros les aides publiques aux entreprises en 2023, au sens large. Même en retenant un périmètre plus restrictif, la commission arrive encore à 108 milliards d’euros.
Ces sommes sont présentées comme un soutien à l’activité, à l’investissement, à l’emploi.
Très bien.
Mais il faut alors regarder ce qui se passe de l’autre côté du bilan : que devient la valeur créée ?
En 2023, les entreprises du CAC 40 ont distribué 67,8 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires.
Est-ce cohérent ?
Parce que ces 211 milliards, même s’ils recouvrent des mécanismes très différents, ne sont pas un détail marginal de notre organisation économique.
Ils montrent l’ampleur des ressources publiques mobilisées en faveur de l’activité privée.
C’est le problème. (Sénat)
Et c’est pour cela qu’il faut poser la question suivante : qu’est-ce que la collectivité obtient en échange ?
Parce qu’une société n’est pas seulement une machine à prélever.
C’est une machine à décider.
Décider qui paie. Décider qui reçoit.
Décider ce qui est garanti.
Décider ce qui devient une marchandise.
Décider ce qui relève du marché et ce qui relève du bien commun.
C’est la même question avec les retraites.
La réforme de 2023 a prévu de relever progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans d’ici 2030 et d’accélérer l’allongement de la durée d’assurance jusqu’à 43 années. (Vie Publique)
On peut défendre cette réforme.
On peut la combattre.
On peut discuter de l’équilibre financier du système, de l’évolution démographique, du niveau des pensions ou de la productivité.
Mais il faut alors regarder la question jusqu’au bout :
Qui travaille plus longtemps ?
Qui bénéficie du recul de l’âge de départ ?
Qui dispose d’un emploi soutenable à 63 ou 64 ans ?
Qui peut encore travailler dans de bonnes conditions ?
Et qui possède déjà suffisamment de patrimoine pour que l’allongement de la vie professionnelle ne change pas grand-chose à son niveau de vie ?
Même chose pour l’assurance chômage.
Depuis avril 2025, les règles d’assurance chômage prévoient une durée maximale d’indemnisation de 548 jours pour les moins de 55 ans, 685 jours pour les 55-56 ans et 822 jours pour les 57 ans et plus. (Unedic)
Là encore, on peut débattre du système. Mais le débat devient singulièrement différent lorsqu’on cesse de parler abstraitement de ‘responsabilisation’ et que l’on regarde les trajectoires réelles.
Un cadre de 57 ans qui perd son emploi n’est pas dans la même situation qu’un étudiant de 22 ans qui cherche son premier travail.
Une personne seule avec deux enfants n’est pas dans la même situation qu’un couple propriétaire de son logement.
Un salarié qui travaille à 64 ans dans un métier pénible n’est pas dans la même situation qu’un dirigeant qui continue à travailler à 68 ans parce qu’il en a envie.
L’égalité arithmétique n’est pas l’égalité réelle.
Et le système adore confondre les deux.
Dans le même temps, les services publics se fragilisent.
L’école manque de personnels.
L’hôpital manque de lits, de soignants et de temps.
La justice manque de moyens.
Ces dégradations ne sont pas naturelles. Elles sont aussi le produit de choix politiques successifs, de priorités budgétaires et de transformations institutionnelles dont les effets se cumulent.
Le logement devient inaccessible à une partie croissante de la population.
Les prestations sociales sont régulièrement présentées comme des dépenses qu’il faudrait maîtriser, tandis que les mécanismes fiscaux et financiers bénéficiant aux catégories les mieux dotées sont rarement décrits avec la même tonalité morale. Bien au contraire.
Ce n’est pas simplement une question de budget. C’est une question de hiérarchie.
Qu’est-ce qu’une société considère comme essentiel ?
Et surtout : qui décide de ce qui est essentiel ?
C’est ici que la colère cesse d’être un sentiment.
Elle devient un conflit politique.
II. Le problème n’est plus seulement le gouvernement
Il serait confortable de résumer tout cela à une succession de mauvais gouvernements.
Il suffirait alors d’attendre la prochaine élection.
Changer les personnes. Changer les ministres. Changer le Premier ministre. Changer éventuellement le président.
Et tout recommencer.
Sauf que ce raisonnement oublie quelque chose d’assez gênant : un gouvernement ne gouverne jamais dans le vide.
Il gouverne à l’intérieur d’institutions.
À l’intérieur de rapports de propriété.
À l’intérieur d’un système fiscal.
À l’intérieur d’une organisation économique.
À l’intérieur de rapports de force entre salariés et employeurs.
À l’intérieur d’un cadre européen.
À l’intérieur d’une Constitution.
À l’intérieur d’une administration.
Et à l’intérieur d’une histoire.
Un changement de majorité peut donc changer énormément de choses.
Mais il ne change pas nécessairement les règles qui rendent certaines choses possibles et d’autres presque impossibles.
La question m’amène alors à regarder moins le gouvernement que le régime.
Et même moins au régime qu’au système.
Parce que la question n’est plus seulement : ‘Qui gouverne ?’
Elle devient : ‘Dans quelles règles cette personne gouverne-t-elle ?’
Puis : ‘Qui a écrit ces règles ?’
Et enfin : ‘Qui a le pouvoir de les modifier ?’
C’est une question beaucoup plus dangereuse.
Elle oblige à sortir de l’alternance électorale comme horizon indépassable.
Elle oblige à regarder les rapports de propriété, la concentration du capital, la transmission patrimoniale, la rente, la fiscalité, le pouvoir des grandes entreprises, la place des marchés financiers, mais aussi les mécanismes institutionnels qui concentrent le pouvoir politique.
Et elle oblige également à regarder ce qui se passe lorsque la contestation devient suffisamment importante pour ne plus pouvoir être traitée comme un simple bruit de fond.
La contestation révèle alors une autre dimension de l’État.
L’État est évidemment autre chose que sa police.
Il est l’école, l’hôpital, la justice, la protection sociale, les infrastructures, les services publics, le droit.
Mais il détient aussi le monopole légal de la contrainte.
Et lorsque la contestation sociale monte, cette dimension devient visible.
Les Gilets jaunes ont constitué un moment particulièrement révélateur.
En 2019, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, s’était dite gravement préoccupée par le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre, notamment avec des armes de force intermédiaire. Elle avait également demandé une révision de leur doctrine d’emploi et recommandé, dans l’attente, la suspension de l’usage du LBD dans le maintien de l’ordre. (Portal)
Ce n’était pas un tract militant.
C’était une institution internationale de protection des droits humains.
Plus récemment, la Défenseure des droits a rendu en juillet 2026 une décision sur les opérations de maintien de l’ordre à Sainte-Soline. Saisie après les blessures graves survenues lors de la manifestation de mars 2023, elle a retenu des manquements déontologiques concernant notamment l’usage de la force, l’emploi d’armes et l’entrave aux secours, et demandé des poursuites disciplinaires. (Défenseur des Droits). On dénombre également 47 gendarmes blessés.
Il faut être précis ici.
Cela ne signifie pas que toute intervention policière est illégitime.
Cela ne signifie pas que les manifestants seraient par définition pacifiques.
Cela ne signifie pas que les forces de l’ordre ne sont jamais exposées à la violence.
Cela signifie quelque chose de plus simple : l’État lui-même est soumis au droit.
Et lorsque des autorités indépendantes constatent des manquements, le sujet n’est pas de choisir entre ‘les gentils manifestants’ et ‘les méchants policiers’.
Le sujet est de savoir si le pouvoir de contrainte reste enfermé dans les limites que l’État de droit lui impose.
Parce qu’une démocratie qui ne sait répondre à une contestation que par davantage de contrainte finit par transformer un conflit politique en conflit de régime.
Et nous y voilà.
III. 1789 : quand la contestation devient constituante
Il faut ici se débarrasser d’un vieux réflexe scolaire.
1789 n’est pas seulement l’histoire d’un peuple pauvre qui se serait enfin débarrassé d’une poignée d’aristocrates.
C’est plus compliqué. Et donc plus révélateur.
La France de 1789 est prise dans une crise financière, politique et institutionnelle profonde.
Louis XVI convoque les États généraux dans un contexte de crise budgétaire majeure. Les cahiers de doléances témoignent d’une accumulation de plaintes et de demandes très diverses. (Assemblée nationale)
Puis survient le problème de la représentation.
Les États généraux réunissent 1 196 députés selon la présentation historique de l’Assemblée nationale : 598 pour le tiers état, 308 pour le clergé et 290 pour la noblesse. Le tiers état représente alors plus de 90 % de la population, mais se retrouve placé dans une organisation institutionnelle où les deux ordres privilégiés peuvent lui faire obstacle. (Assemblée Nationale)
La question devient donc : qui représente la nation ?
En quelques semaines, le problème n’est plus seulement financier.
Il est devenu institutionnel.
Puis constitutionnel.
Puis souverain.
🔎 1789 en trois bascules
États généraux : une crise financière devient une crise de représentation.Assemblée nationale : la représentation du tiers état cesse d’être seulement une affaire d’ordre social et devient une question de souveraineté.
Assemblée constituante : le conflit porte désormais sur les règles fondamentales du pouvoir lui-même.
C’est ce déplacement qui m’intéresse.
Le problème n’est plus seulement de savoir quelle décision prendre, ni même quel pouvoir doit la prendre. Il devient celui de savoir sur quelle légitimité repose ce pouvoir et qui peut en définir les limites.
La Constitution n’est pas simplement le règlement intérieur du gouvernement.
Elle définit les pouvoirs.
Elle les distribue.
Elle les limite.
Elle détermine la manière dont ils se contrôlent.
Elle définit aussi, directement ou indirectement, les conditions dans lesquelles les citoyens peuvent intervenir dans la décision collective.
Changer une politique publique n’est donc pas la même chose que changer la manière dont une société produit le pouvoir.
C’est ce qui distingue une réforme d’un processus constituant.
La réforme modifie les règles.
La Constituante pose la question de leur origine : qui les écrit, au nom de qui et selon quelles règles ?
Et c’est une question qui devient particulièrement intéressante lorsque le système existant semble incapable de résoudre durablement les contradictions qu’il produit.
IV. L’Allemagne : quand la crise produit le fascisme
Mais il serait dangereusement confortable de raconter l’histoire comme si toute crise finissait nécessairement par produire davantage de liberté.
Ce n’est pas vrai. L’histoire ne garantit rien.
Une crise ouvre un espace. Quelqu’un le remplit.
Avec quoi ? C’est toute la question.
Johann Chapoutot consacre une partie importante de son travail à cette question du récit politique.
Dans Le Grand Récit, il montre notamment comment le XXe siècle a produit des récits politiques capables de donner un sens collectif au temps : communisme, fascisme, nazisme, libéralisme et leurs différentes transformations. Ces récits ne sont pas seulement des programmes électoraux. Ils prétendent expliquer le monde, son passé, son présent et son avenir. (Sorbonne Université)
C’est particulièrement important lorsqu’une société traverse une crise.
Parce qu’une crise détruit les certitudes.
Elle demande alors une histoire pour remplacer celle qui ne fonctionne plus.
Le nazisme s’est aussi présenté comme une réponse à une société traversée par la défaite, les humiliations, les crises économiques, les fractures sociales et la désagrégation politique.
Mais il serait tout aussi absurde de réduire le nazisme à une simple conséquence automatique de la crise.
Une crise ne fabrique pas mécaniquement des fascistes.
Elle crée des possibilités.
Des partis, des idéologues, des mouvements, des élites et des institutions se battent ensuite pour imposer leur interprétation de la crise.
C’est ici que Libres d’obéir nous éclaire.
Chapoutot y suit Reinhard Höhn, juriste et haut responsable SS, qui, après 1945, a fondé à Bad Harzburg une école de management devenue importante dans l’Allemagne fédérale. Son système mettait notamment l’accent sur la définition d’objectifs et la liberté laissée à l’exécutant quant aux moyens. (Sorbonne Université)
L’idée n’est pas de dire que le management contemporain est nazi.
Ce serait grotesque.
Et Chapoutot lui-même prend soin de préciser que le management existait avant le nazisme.
La thèse est plus féconde : certaines techniques de gouvernement des hommes peuvent survivre à l’idéologie qui les a employées, changer de contexte, changer de finalité et réapparaître ailleurs.
Cette interprétation est discutée.
Des chercheurs ont contesté la portée généalogique que certains passages du livre peuvent laisser entendre, notamment sur les rapports entre management nazi et management contemporain. Marcel Guenoun a ainsi critiqué plusieurs rapprochements de Chapoutot depuis le point de vue des sciences administratives et de la gestion publique. (Signal)
Il faut conserver cette réserve.
Mais elle ne détruit pas l’idée qui m’intéresse ici.
Elle la rend même plus précise.
Les formes politiques ne disparaissent pas nécessairement avec les régimes qui les ont produites.
Et surtout : une crise ne détermine pas son issue.
C’est probablement la leçon historique la plus importante.
En 1789, la crise ouvre une séquence révolutionnaire et constituante.
Dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, la crise contribue à ouvrir l’espace dans lequel le nazisme peut conquérir le pouvoir.
Deux crises. Deux trajectoires.
Pas de fatalité.
Pas de destin historique. Seulement des rapports de force.
Et des choix.
V. Les quatre sorties
Nous sommes donc arrivés au point où il faut regarder les choses sans fard.
Une société traversée par de fortes tensions ne dispose pas nécessairement d’une seule issue.
J’en vois quatre.
1. Continuer
C’est la solution la plus simple.
On continue. On réforme à la marge. On ajuste les dépenses. On modifie quelques paramètres. On change de majorité.
On recommence.
Les inégalités persistent.
Les services publics continuent de se dégrader ou de se réorganiser sous contrainte.
La concentration patrimoniale se poursuit.
La crise écologique s’aggrave.
Et l’on espère que tout cela restera politiquement absorbable.
C’est possible.
Un système peut survivre très longtemps à des contradictions considérables.
Il suffit parfois qu’aucune force suffisamment puissante ne soit capable de lui substituer autre chose.
2. Durcir
Deuxième possibilité : considérer que le problème n’est pas le système mais ceux qui le contestent.
La réponse devient alors sécuritaire.
Davantage de contrôle. Davantage de surveillance. Davantage de restrictions. Davantage de sanctions.
Et, surtout, un récit politique qui transforme les contestataires en ennemis.
C’est ainsi que les crises peuvent alimenter les mouvements autoritaires.
Le fascisme n’arrive pas nécessairement en annonçant : ‘Bonjour, nous sommes les fascistes.’
Il peut arriver en promettant de restaurer l’ordre.
De protéger les honnêtes gens.
De débarrasser le pays du chaos.
De remettre les choses à leur place.
Le vocabulaire change.
Le mécanisme, lui, est vieux.
3. Refonder
Troisième possibilité : considérer que les institutions ne permettent plus de résoudre correctement les contradictions de la société et qu’il faut donc réécrire les règles fondamentales.
C’est la voie constituante.
Elle ne présume pas de son résultat.
Une Constituante peut produire une démocratie plus parlementaire.
Une démocratie plus directe.
Une nouvelle répartition territoriale des pouvoirs.
De nouveaux droits.
De nouveaux contre-pouvoirs.
Ou quelque chose d’infiniment plus médiocre.
Une Constitution n’est pas magique.
Elle dépend de ceux qui l’écrivent.
Et de ceux qui la ratifient.
4. Rompre
Quatrième possibilité : considérer que le problème ne réside plus seulement dans les institutions mais dans les rapports sociaux et économiques eux-mêmes.
C’est la révolution.
Le mot est devenu tellement chargé qu’on l’emploie souvent comme une menace ou comme une caricature.
Je l’emploie ici dans son sens le plus simple : une transformation profonde des rapports de pouvoir, de propriété et de production.
Une révolution n’est pas nécessairement une barricade.
Elle peut être institutionnelle. Économique. Sociale. Écologique.
Ou tout cela à la fois.
Mais elle implique une rupture que la simple alternance gouvernementale ne permet pas.
Et c’est pour cela qu’elle fait peur.
📌 Une crise ne choisit pas son issue
Une crise politique ne contient pas mécaniquement sa propre solution.Elle ouvre un espace dans lequel plusieurs projets peuvent entrer en concurrence : maintien de l’ordre existant, durcissement autoritaire, refondation démocratique ou rupture révolutionnaire.
L’histoire de 1789 comme celle de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres montrent surtout une chose : la crise crée des possibilités, mais les rapports de force décident de celles qui deviennent réelles.
VI. La proposition constituante de LFI
C’est à ce stade seulement que la proposition de La France insoumise m’intéresse.
Pas parce que LFI aurait découvert la démocratie.
Pas parce qu’une Constituante serait par nature de gauche.
Et certainement pas parce qu’une nouvelle Constitution serait automatiquement préférable à l’actuelle. (Vu la part que l’actuelle fait au PR, c’est possible, quand même).
Mais parce que cette proposition fournit un exemple concret de ce que pourrait être une sortie constituante.
Dans sa formulation actuelle, LFI propose de déclencher un processus constituant par référendum, sur le fondement de l’article 11 de la Constitution, afin que le peuple décide notamment des modalités de composition de l’Assemblée constituante : mode de scrutin, parité, tirage au sort et incompatibilités. Le projet de Constitution élaboré serait ensuite soumis au référendum après deux années de travaux. (L’insoumission)
La proposition prévoit également qu’aucun parlementaire des anciennes assemblées ne puisse siéger dans la Constituante et que ses membres ne puissent être candidats aux élections organisées après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. (Mélenchon 2027)
Ce dernier point est loin d’être anecdotique.
Il répond à un problème classique : comment empêcher ceux qui détiennent déjà le pouvoir de fabriquer les règles qui organiseront leur propre pouvoir futur ?
Le modèle proposé cherche donc à produire une séparation entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. Ce n’est pas une garantie absolue.
Rien ne l’est.
Mais le problème est correctement posé.
Le programme prévoit également une combinaison possible entre élection et tirage au sort. Dans une version détaillée de la proposition, les électeurs pourraient choisir soit une liste de candidats, soit un mécanisme de tirage au sort, la proportion de sièges tirés au sort correspondant alors à la proportion de citoyens ayant choisi cette option. (Mélenchon 2027)
Là encore, ce n’est pas une vérité révélée.
C’est une architecture institutionnelle.
Elle peut être discutée. Modifiée. Refusée. Améliorée.
Et finalement soumise au peuple.
C’est le point important.
La Constituante n’est pas censée savoir à l’avance quelle Constitution elle doit produire.
Elle doit produire un texte. Puis le peuple tranche.
C’est une différence fondamentale avec une simple réforme institutionnelle décidée par ceux qui exercent déjà le pouvoir.
Et c’est ici que la question démocratique rejoint la question sociale.
Parce que si nous considérons que les règles actuelles sont incapables de traiter certaines contradictions fondamentales, alors il ne suffit plus de demander : ‘Quel programme appliquer ?’
Il faut demander : ‘Quelle démocratie voulons-nous pour décider collectivement de ce programme ?’
VII. La grève générale comme révélateur du rapport de force
Il reste alors une question beaucoup plus concrète.
Comment une société passe-t-elle de la colère à la force politique ?
La manifestation ne suffit pas toujours.
Elle exprime. Elle montre. Elle rassemble. Elle rend visible.
Mais elle ne suspend pas nécessairement le fonctionnement économique.
La grève, elle, fait autre chose : Elle suspend une activité.
La grève interprofessionnelle fait davantage encore : elle coordonne plusieurs secteurs autour d’un rapport de force commun.
Et la grève générale change d’échelle.
Elle ne consiste plus simplement à demander au pouvoir de regarder une foule défiler.
Elle met en question la capacité du système à continuer normalement.
C’est ce qui s’est produit en 1968.
Le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier ont fini par se rejoindre dans une crise sociale qui a paralysé le pays. L’INA estime à environ 7 millions le nombre de grévistes au plus fort du mouvement. Les transports, l’industrie, les services et de nombreux secteurs furent touchés. (Ina)
Et pourtant, 1968 n’a pas produit une révolution.
Le gouvernement a négocié.
Les accords de Grenelle ont obtenu des avancées salariales et sociales importantes, même si de nombreux grévistes les ont jugées insuffisantes et que les grèves se sont poursuivies. Puis le pouvoir politique a repris l’initiative, notamment avec la dissolution de l’Assemblée nationale et les élections législatives de juin. (Ina)
C’est pour ça que 1968 est intéressant.
Une grève générale n’est pas un bouton magique.
Elle ne produit pas automatiquement une révolution.
Elle ne produit même pas automatiquement une victoire syndicale.
Elle modifie le rapport de force.
Ensuite, quelqu’un gagne.
Ou personne.
Ou chacun gagne quelque chose et perd autre chose.
C’est de la politique.
Pas de la physique.
Et la situation actuelle mérite d’être observée avec cette grille.
Depuis le 21 septembre 2026, une mobilisation lycéenne s’est étendue dans de nombreuses académies autour de revendications portant notamment sur les moyens de l’Éducation nationale, les personnels manquants, les classes surchargées, l’état des bâtiments, les conditions d’étude et Parcoursup.
Le mouvement s’est ensuite étendu à des campus universitaires.
Le 1er octobre, l’Union étudiante recensait une trentaine de campus concernés.
Le 1er octobre, le ministère de l’Intérieur faisait état de 1 027 établissements concernés par des actions, dont 222 bloqués, et de 1 949 interpellations au cours de la journée.
Le gouvernement a alors renforcé le dispositif de maintien de l’ordre avec des CRS et des gendarmes mobiles.
Plusieurs adolescents ont également été grièvement blessés
Le 2 octobre, le ministre de l’Intérieur annonçait finalement plus de 5 000 interpellations depuis le début du mouvement.
Je ne vais pas faire semblant que toutes les actions de ce mouvement sont pacifiques.
Il y a eu des violences, des dégradations et des incendies. Mais il faut aussi regarder leur proportion dans l’ensemble de la mobilisation : brûler des poubelles est une dégradation et une violence, certes, mais c’est un phénomène minoritaire au regard d’un mouvement qui touche désormais plus d’un millier d’établissements.
Et surtout, il faut regarder la chronologie.
Le mouvement a commencé le 21 septembre. Pourtant, il n’a véritablement commencé à occuper l’espace médiatique national qu’après les premières images de poubelles incendiées, d’affrontements et de dégradations.
Le sentiment que les revendications avaient été éclipsées par ces images était d’ailleurs explicitement exprimé par des lycéens eux-mêmes le 2 octobre.
C’est le problème : si l’on ne commence à regarder une mobilisation que lorsqu’elle produit des images spectaculaires, on finit par confondre ce qui fait l’actualité avec ce qui fait le mouvement.
Les revendications, elles, existaient avant les incendies : moyens de l’Éducation nationale, manque de personnels, classes surchargées, état des établissements, conditions d’étude, Parcoursup.
La CGT a annoncé qu’elle serait aux côtés des lycéens et des étudiants le 6 octobre, en reliant leurs revendications au manque de personnels, aux classes surchargées, à l’état des établissements et à la précarité.
Le SNES-FSU, avec d’autres organisations de la FSU, appelle également les personnels à se tenir aux côtés des élèves et à la grève le 6 octobre. D’autres organisations syndicales de l’éducation ont publié une déclaration commune condamnant les violences et appelant à soutenir les revendications lycéennes.
Ce n’est donc plus seulement une affaire de lycéens.
Et ce n’est plus seulement une affaire de budget scolaire.
C’est ce qui donne à la situation une portée politique plus large.
Lorsque des générations différentes, des secteurs différents et des revendications différentes commencent à identifier un problème commun, le conflit change de nature.
Le problème n’est plus de savoir si les colères existent.
Le problème est de savoir si elles peuvent devenir une force politique commune.
VIII. La révolution comme quatrième possibilité
J’arrive enfin à ce mot que beaucoup préfèrent éviter.
La révolution.
Je ne l’emploie pas comme une prophétie.
Je ne sais pas si une révolution aura lieu.
Je ne sais pas si elle est souhaitable dans telle ou telle forme.
Je ne sais même pas si le système actuel est réellement ‘en train de mourir’. Je le pense, toutefois. Le capitalisme semble en bout de course et pour se sauver il écrase tout autour de lui : humains, conquis sociaux… jusqu’à la planète.
Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il accumule les contradictions.
La pauvreté ne disparaît pas.
Les inégalités patrimoniales demeurent profondément structurantes et s’aggravent.
Les services publics sont sous tension.
Le travail change. L’industrie se transforme.
La démographie vieillit.
La dette publique, qui a fortement augmenté depuis 2017, contraint les marges de manœuvre.
La crise écologique accélère.
La confiance dans les institutions s’érode.
L’extrême droite progresse dans le paysage politique, tandis que certaines de ses idées ont été progressivement banalisées dans le débat public.
Et malgré tout, nous continuons à présenter chaque élection comme si elle devait nécessairement résoudre l’ensemble du problème.
C’est beaucoup demander à un bulletin de vote.
Le vote est indispensable.
Mais il ne suffit pas à déterminer les rapports de production, la répartition du capital, la propriété du foncier, l’organisation des entreprises, la puissance des marchés financiers ou la capacité d’un État à agir dans un cadre institutionnel donné.
Il peut modifier profondément le pouvoir.
Il ne le crée pas à partir de rien.
La question de la rupture réapparaît alors.
Un système peut supporter longtemps ses contradictions.
Il peut les repousser. Les déplacer. Les externaliser. Les faire payer à d’autres. Les faire payer plus tard.
Il peut même transformer certaines de ses propres crises en opportunités de profit.
Ce qu’il supporte moins bien, c’est lorsque les contradictions deviennent politiquement impossibles à arbitrer.
Quand ceux qui paient refusent de payer davantage.
Quand ceux qui travaillent refusent de travailler davantage pour moins.
Quand ceux qui héritent deviennent structurellement différents de ceux qui ne peuvent rien transmettre.
Quand les services publics deviennent incapables de fournir ce que la société attend d’eux.
Quand une génération entière comprend que les promesses qui lui ont été faites ne seront probablement jamais tenues.
Quand l’écologie transforme le ‘plus tard’ en problème immédiat.
Quand l’autorité ne produit plus de consentement mais seulement de la contrainte.
À ce moment-là, la question change.
Ce n’est plus : ‘Comment réparer le système ?’
C’est : ‘Que voulons-nous construire à sa place ?’
C’est ici que je refuse de choisir entre naïveté et résignation.
La révolution n’est pas nécessairement imminente. La catastrophe n’est pas certaine. L’effondrement n’est pas écrit.
Mais considérer l’ordre actuel comme indépassable est une croyance.
Une croyance particulièrement confortable pour ceux auxquels cet ordre convient.
Conclusion. Quatre portes et une tablette de chocolat
Nous voilà donc devant quatre portes.
- Continuer.
- Durcir.
- Refonder.
- Rompre.
La première consiste à penser que le système finira bien par absorber ses contradictions.
La deuxième consiste à considérer que le problème vient de ceux qui refusent de les subir.
La troisième consiste à réécrire les règles du pouvoir.
La quatrième consiste à transformer les rapports sociaux qui produisent ces contradictions.
Je ne prétends pas que l’histoire nous dira laquelle ouvrir.
L’histoire ne fait pas le ménage. Elle ne distribue pas les bons points. Elle ne garantit pas que les sociétés choisissent l’émancipation plutôt que l’autoritarisme.
Elle montre seulement que les systèmes politiques ne sont pas éternels.
1789 l’a montré.
L’Allemagne de l’entre-deux-guerres l’a montré dans un sens infiniment plus sombre.
1968 l’a montré autrement.
Et notre époque commence peut-être à poser les mêmes questions sous de nouvelles formes.
Alors oui.
J’appelle à la grève générale.
Pas parce que je suis un tenant de la magie d’une journée sans travail.
Pas parce que je confonds une mobilisation sociale avec une révolution.
Pas parce que je pense qu’un blocage suffirait à régler le problème.
Mais parce que la grève générale permet de rendre visible quelque chose que les discours politiques dissimulent merveilleusement bien : ce sont ceux qui travaillent qui font fonctionner la société.
Et lorsque ces personnes cessent collectivement de faire fonctionner certaines de ses pièces, le pouvoir découvre soudain une vérité assez désagréable :
- il ne commande pas tout.
- Il ne produit pas tout.
- Il ne possède pas tout.
- Il dépend des autres.
C’est peut-être cela, finalement, que nous avons oublié.
Nous avons tellement pris l’ordre existant pour la nature des choses que nous avons fini par penser qu’il n’existait aucune alternative.
Il en existe.
Elles ne sont pas toutes souhaitables.
Elles ne sont pas toutes démocratiques.
Elles ne sont pas toutes pacifiques.
Elles ne sont certainement pas toutes compatibles avec ce que je considère comme une société humaine digne de ce nom.
Mais elles existent.
Et si nous ne décidons pas collectivement de ce que nous voulons construire, quelqu’un d’autre décidera pour nous.
Avec un peu de chance, ce sera une réforme.
Avec moins de chance, un autoritarisme.
Avec beaucoup de malchance, quelque chose de bien pire.
Alors autant commencer à regarder les portes.
Tableau récapitulatif
| Sortie | Logique | Ce qui change | Risque / enjeu |
|---|---|---|---|
| Continuité | Absorber la crise sans remettre en cause les structures fondamentales. | Politiques publiques, gouvernements, paramètres économiques. | Poursuite des contradictions existantes. |
| Durcissement autoritaire | Traiter la crise comme un problème d’ordre public. | Contraintes, surveillance, sanctions, restrictions. | Réduction des libertés et concentration du pouvoir. |
| Refondation constituante | Modifier les règles fondamentales du pouvoir. | Institutions, représentation, pouvoirs, contre-pouvoirs, droits. | La nouvelle architecture dépend du processus constituant et de son résultat. |
| Rupture révolutionnaire | Transformer les rapports sociaux et économiques eux-mêmes. | Propriété, production, pouvoir économique, organisation sociale. | La nature de la rupture, son processus et ses institutions futures ne sont pas prédéterminés. |
Et puisque nous avons déjà suffisamment foutu le bordel dans cette planète, essayons au moins de ne pas la détruire avant d’avoir fini la tablette de chocolat.
Parce que quels que soient les délires de certains milliardaires, je ne veux pas aller sur Mars, qui malgré son nom n’en contient probablement pas.
Sources & références
Données sociales, économiques et inégalités
- Insee – Niveau de vie et pauvreté en 2024 , Insee Première n° 2117, 9 juillet 2026.
- Insee – Début 2024, en France hors Mayotte, 41 % des ménages ont déjà hérité et 20 % ont déjà reçu une donation , Insee Résultats, 7 avril 2026.
- Sénat – Transparence et évaluation des aides publiques aux entreprises : une attente démocratique, un gage d’efficacité économique , rapport de la commission d’enquête, rapport n° 808 (2024-2025), 1er juillet 2025.
- Sénat – Évaluation des aides publiques aux entreprises : 211 milliards d’euros au sens large et 108 milliards au sens strict en 2023 .
- Le Monde – Des milliards d’euros de profits et de dividendes, une année record pour les entreprises du CAC 40 , 7 mars 2024.
Retraites, assurance chômage et protection sociale
- Vie publique – Réforme des retraites de 2023 : relèvement progressif de l’âge légal et accélération de la durée d’assurance.
- Unédic – Règlement d’assurance chômage : règles d’indemnisation applicables depuis le 1er avril 2025.
- CLEISS – Présentation du régime français d’assurance chômage , notamment les durées maximales d’indemnisation de 548, 685 et 822 jours.
Maintien de l’ordre, libertés publiques et usage de la force
- Conseil de l’Europe – Intervention de la Commissaire aux droits de l’homme Dunja Mijatović concernant les manifestations des Gilets jaunes , 2019.
- Le Monde – Le Conseil de l’Europe demande à la France de ‘suspendre l’usage du LBD’ , 26 février 2019.
- Défenseur des droits – Décision 2026-158 du 7 juillet 2026 – Opérations de maintien de l’ordre lors d’une manifestation à Sainte-Soline .
Révolution française et processus constituant
- Assemblée nationale – Réunion des états généraux – les cahiers de doléances .
- Assemblée nationale – 1789 – Assemblée nationale constituante : composition des États généraux, transformation du tiers état en Assemblée nationale et processus constituant.
- Vie publique – Le référendum en France en sept questions : articles 11 et 89 de la Constitution et distinction entre référendum législatif et constituant.
- Vie publique – La révision constitutionnelle et le référendum de 1962 .
Langage, récit politique et déplacement des normes
- Ludwig Wittgenstein – Tractatus logico-philosophicus, proposition 5.6 : ‘Les limites de mon langage signifient les limites de mon monde’.
- George Orwell – Politics and the English Language , 1946.
- Johann Chapoutot – Libres d’obéir. Le management du nazisme à aujourd’hui , Gallimard, 2020.
- Institut d’histoire du temps présent – CNRS – Présentation de Libres d’obéir et du parcours de Reinhard Höhn .
- Marcel Guenoun – Analyse critique du point de vue de la gestion publique de l’ouvrage de Johann Chapoutot : ‘Libres d’obéir. Le management du nazisme à aujourd’hui’ , Politiques et management public, vol. 37, n° 2, 2020.
Extrême droite et banalisation politique
- Mediapart – Antisémitisme : nos révélations sur Jordan Bardella , dossier mis à jour le 1er octobre 2026.
- Marine Le Pen / entretien au JDD – déclaration du 12 janvier 2025 concernant l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national en 2015. Compte rendu TF1 Info .
Mai 1968, grève générale et rapport de force
- INA – Dans la rue et à la télé, à quoi ressemblait la France à l’arrêt du printemps 68 , 28 février 2023.
- INA – Archives et témoignages sur les grèves de 1968 .
Proposition constituante de La France insoumise
- L’insoumission – Une nouvelle République pour une nouvelle France : les propositions de LFI pour une 6e République et une refonte des institutions , 8 avril 2025.
- Mélenchon 2027 – Chapitre 1 : Le pouvoir au peuple .
- Mélenchon 2027 – Synthèse des contributions – Faire la révolution citoyenne .
- Vie publique – Référendum et cadre constitutionnel français , pour la distinction entre l’article 11 et l’article 89.
Mobilisation lycéenne et étudiante – septembre/octobre 2026
- Le Monde – Blocage des lycées : en banlieue parisienne, les élèves veulent se faire entendre sur leur quotidien et ‘contre l’injustice’ , 29 septembre 2026.
- Le Monde – Mobilisation dans les lycées : face à l’‘aggravation de la situation’, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, fait appel aux CRS et aux gendarmes mobiles , 1er octobre 2026.
- Le Monde – Blocage des lycées : ce que dit le service de renseignement de la Préfecture de police de Paris sur l’origine de la mobilisation , 2 octobre 2026.
- Le Monde – EN DIRECT, blocage des lycées : plus de 5 000 interpellations depuis lundi , 2 octobre 2026.
- Le SNES-FSU – Mobilisations lycéennes : appel aux personnels à se tenir aux côtés des élèves et à la grève le 6 octobre , 2 octobre 2026.
- CGT – Ensemble, lycéen·nes, étudiant·es et agent·es public·ques, manifestons le 6 octobre ! , 1er octobre 2026.
- CGT Finances publiques – 6 octobre 2026 : toutes et tous en manifestations avec les lycéen·nes , 2 octobre 2026.
- SNEP-FSU – Aux côtés des lycéen·nes et des étudiant·es le mardi 6 octobre , 2 octobre 2026.
Références complémentaires
- Votons-2027 – Synthèse documentée des propositions institutionnelles de Jean-Luc Mélenchon pour 2027 .
- Vie publique – Les révisions de la Constitution , rappel historique sur les articles 11 et 89.
Crédits photographiques
- Image mise en avant : à compléter selon le visuel retenu et son crédit.
- Images intégrées : à compléter selon les photographies, archives ou illustrations utilisées.

Léon Chelli arpente les mondes de l’automobile et des énergies renouvelables à l’épreuve de la transition écologique.
Il y déchiffre mutations industrielles et stratégies de marché avec la lucidité un peu sauvage d’un promeneur qui choisit ses propres sentiers.
Il explore les transitions avec une vision systémique, entre ironie assumée et clarté analytique.
