Titre de l’article en ligne de Midi Libre évoquant un féminicide et double infanticide comme « une dispute qui tourne mal avec la piste du père privilégiée ».

Il n’y a rien qui va : un triple meurtre, et ‘Midi Libre’ parle de dispute…

« Une dispute qui tourne mal. »

Ah, pardon.
Je croyais que c’était un triple homicide.
Mais en fait non.
Juste une embrouille un peu tendue.
Peut-être qu’elle avait haussé le ton.
Peut-être que le bébé pleurait trop fort.
Peut-être qu’il pleuvait.

Les mots ont foutrement un sens. Et vous les avez massacrés.

Une dispute qui tourne mal, c’est quand tu t’engueules avec ton conjoint et que tu vas promener le chien pour te ressaisir parce que tu es triste.
Ou quand t’es en réunion, qu’un collègue sort un truc qui te gêne violemment, et que tu quittes la réunion.
Ça, c’est une dispute qui tourne mal.

Là, c’est un putain d’assassinat.
Et vous l’appelez « dispute ».

On se tue à nommer les violences.
Féminicide.
Infanticide.
Meurtre.
Assassinat.
Crime.
Et vous, les journalistes de la demi-mesure molle, vous balancez « dispute qui tourne mal » comme si on parlait d’un couple qui s’engueule à IKEA et qui achète le drap blanc ET le bleu !

On n’en peut plus.

Ça fait vingt ans qu’on répète que les mots tuent.
(au moins depuis l’assassinat de Marie Trintignant par Cantat)
Que l’euphémisme protège les bourreaux.
Que l’impunité commence dans les titres de presse.
Mais rien n’y fait.

La banalisation continue, tranquille.
Trois morts ?
C’est un fait divers.
Un papa en colère, peut-être.
Et pour illustrer, vous mettez une jolie photo du Lac.

Vous êtes complices.

Complices de l’oubli. Complices de la dilution du réel. Complices de ceux qui veulent qu’on comprenne ‘les deux versions’.
Complices de ceux qui préfèrent une périphrase bien molle à un mot qui pique.

Alors on va le dire pour vous, parce que manifestement vous avez du mal :

C’est un féminicide.
C’est un double infanticide.
C’est un putain de crime.

Et ce n’est pas une dispute.

Il n’y a rien qui va. Même pas le vocabulaire.
Certains médias essorent le sang avec des euphémismes, des périphrases ou des litotes.

⟁ Note de lecture

Dans l’article complet, Midi Libre évoque l’homme soupçonné comme un « père de famille », renforçant ainsi l’image d’un homme respectable pris dans une tragédie.

Une manière de tordre encore un peu plus les mots, et d’épargner la figure masculine, même quand elle est potentiellement meurtrière.
On tue, on noie, on efface… et la presse réhabilite. Tranquillement.

Et pendant ce temps, la femme morte, elle, reste anonyme, sans prénom, sans qualité.
La célèbre « Une femme ».
Juste la mère.
Juste la compagne.
Juste celle qu’on a tuée.

Il en est de même pour les enfants.

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2 Commentaires
Flora.
Flora.
15 septembre 2025 10:36 PM

Merci pour vos mots, pour votre article.